À LA MOINDRE ESCARMOUCHE, JE RÉUNIRAI L’ASSEMBLÉE NATIONALE ET LE SÉNAT EN CONGRÈS AFIN D’AUTORISER DE DECLARER LA GUERRE À L’ENNEMI.  DIXIT FÉLIX TSHISEKEDI.

(un slogan de campagne électorale sans efficacité, vide et populiste)

À l’entame de mon propos, il sied de rappeler cette notion élémentaire qui fonde l’existence de la viabilité et du rayonnement d’un Etat moderne.

*En effet, n’est souverain que l’État capable, à l’intérieur, de maintenir la paix et l’ordre et, à l’extérieur, de défendre de facto ses frontières* Habermas précise.

Pour jouer son rôle, l’État dispose d’instruments tels que la police, l’armée, l’administration, la justice, les organes spécialisés et professionnels etc.

Car, la souveraineté interne suppose la capacité d’imposer un ordre juridique de l’État, tandis que la souveraineté externe suppose la capacité de s’affirmer au sein de la concurrence que se font les Etats sur l’échiquier international.

Par ailleurs, après réexamen et réécriture de l’État congolais sous Félix tshisekedi, cet Etat demeure fragile, défaillant, fantôme, et impuissant face à la prolifération de la rébellion dans sa partie Est. La ville de *Goma* est sous menace de l’ennemi dont la  progression est visible.

Au fond, j’anticipe les questionnements des lecteurs de la présente tribune : *_est-ce que Félix tshisekedi est l’auteur de la défaillance de cet Etat ?. En 5 ans que va-t-il faire ?. Faudra-t-il pas lui donner encore du temps ?. Et les 18 ans du régime de Kabila que dites-vous ?_

Je rétorque, il a dit, *_à la moindre escarmouche, je réunirai le parlement en congrès pour attaquer l’ennemi_ ».

Ne savait-il pas que l’État congolais était encore à reconstruire ? Ne savait-il pas qu’il faut un minimum d’organisation parlementaire au lendemain des élections ? À qui la faute ? Devons-nous d’abord compter les morts et les dégâts collatéraux à *Goma* ?

Diverses sources concordantes, d’ici et d’ailleurs, révèlent que la ville de *Goma* est sous menace du M23.

*Au pire de cas, une bombe en provenance du M23 a détruit une école primaire nengapeta, à Goma, en date du 2 février 2024. Les images font le tour des réseaux sociaux et des victimes évacuées*.

Est-ce que l’escarmouche est toujours en attente ou est-elle déjà réelle !

À l’origine, le concept escarmouche remonte vers 1360, de l’italien *scaramuccia* : petit engagement entre deux tirailleurs isolés ou des détachements de deux armées.

On évoque l’escarmouche lorsqu’il y a deux armées proches de l’une de l’autre.

Visiblement, sur terrain, proche de Goma,il y a plus qu’escarmouche en ce moment.

Que dire d’autres alors qu’à Kinshasa, le débat politique s’oriente vers la création des plateformes politiques, la répartition des postes qui à l’Assemblée nationale, qui à la Primature (poste de Premier ministre).

Le débat se focalise autour de la jouissnce, suscitant la désunion alors qu’ll aurait pu porter sur la sécurité et la protection des citoyens congolais à l’est. Triste.

Pour gérer, l’État congolais nécessite, au préalable, une haute idée des Institutions et du Peuple. Une haute idée de l’unité nationale, de la cohésion nationale, de la guerre, des relations internationales, etc. pour éviter de se faire ridiculiser par les évènements qui, généralement, contredisent les discours officiels.

L’histoire politique retiendra que l’emploi du concept escarmouche était simplement *propagandiste, populiste, dénué de toute sa force*.

Le second mandat de l’actuel président nous condamne, encore une fois, à contempler l’impuissance de l’État congolais au profit des discours démagogiques et des promesses improductives.

« *_À la moindre escarmouche_ » se révèle ce qu’elle est : un slogan de campagne électorale sans efficacité, vide et populiste.

Fait à Kinshasa le 3 février 2024

Aristote NGARIME
Chercheur.

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